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« Gates to a Global Empire »

Aux Portes d’un Empire Mondial

sur les Semences, la Nourriture, la Santé, la Connaissance

… et la Terre

Un Rapport aux Citoyens du Monde

coordonné par

« Gates to a Global Empire »

Aux Portes d’un Empire Mondial

… sur les Semences, la Nourriture, la Santé, la Connaissance et la Terre

(gates = portes en anglais – Gates vers un Empire Mondial – NDLT)

Un Rapport aux Citoyens du Monde

Synthèse du Rapport

© Navdanya International

Première édition Octobre 2020

Ecrit par Carla Ramos Cortés

Traduction: Jacqueline Goffart

Illustration de couverture : Federico Zenoni

This post is also available in: Anglais, Italien, Espagnol, Portugais - du Brésil
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Auteurs des exposés : 

Vandana Shiva, Fondatrice de Navdanya Research Foundation for Science, Technology and Ecology (Inde) – Fondation de Recherche pour la Science, la Technologie et l’Ecologie – et Présidente de Navdanya International.

Farida Akhter, Directrice Générale fondatrice de UBINIG, Bangladesh.

Fernando Cabaleiro, Avocat (Université de Buenos Aires), Naturaleza de Derechos, Argentine.

Community Alliance for Global Justice (Alliance Communautaire pour la Justice Mondiale) /AGRA Watch.

GM Watch.

Nicoletta Dentico, journaliste, et directrice du programme de santé globale de Society for International Development (SID).

José Esquinas Alcazar, ancien secrétaire de la Commission Intergouvernementale de la FAO, sur les Ressources Génétiques pour l’Alimentation et l’Agriculture, et Président du Comité d’Ethique de l’Alimentation et de l’Agriculture de la FAO.

Seth Itzkan, Co-fondateur et Co-Directeur de Soil4Climate Inc.

Dru Jay, Coordinateur de GeoengineeringMonitor.org, écrivain et activiste dans les mouvements de justice climatique et de solidarité autochtone, base à Montréal, Canada.

Aidé Jiménez-Martínez, MA en Sciences, Directeur de la Réglementation de la Biosécurité, de la Biodiversité et des Ressources Génétiques, SEMARNAT, Mexique.

Satish Kumar, Fondateur du Schumacher College, Angleterre, Royaume-Uni.

Jonathan Latham, biologiste moléculaire et ancien ingénieur en génétique. Il dirige maintenant le site Independent Science News.

Mantasa, Indonésie.

Chito Medina, membre fondateur de MASIPAG (Partenariat Agriculteurs-Scientifiques pour le Développement), et ancien Coordinateur National du réseau. Professeur associé des sciences de l’environnement dans une université éminente des Philippines.

Zahra Moloo, Kenya, journaliste d’investigation, réalisatrice de documentaires et chercheur sur les industries extractives, les droits fonciers, la conservation et la sécurité. Groupe ETC, basé à Montréal, Canada.

Silvia Ribeiro, Uruguay, Journaliste, conférencière, écrivain, et éducateur sur les technologies émergentes, ETC Group, basée à Mexico.

Adelita San Vicente, Docteur en Agroécologie du Secteur Primaire et des Ressources Naturelles, SEMANART (Secrétariat Environnement et Ressources Naturelles) Mexique.

Tapsoba Ali de Goamma, défenseur des droits de l’homme, écologiste, Président de l’association Terre A Vie, porte-parole du Collectif Citoyen pour l’Agroécologie.

Jim Thomas, co-directeur exécutif et chercheur, se concentrant sur les technologies émergentes, les droits de l’homme, la biodiversité, l’équité, et les systèmes alimentaires, Groupe ETC, actuellement basé au Canada.

Timothy Wise, Conseiller Principal à l’Institut de Politique Agricole et Commerciale (IATP)

 



Bill Gates, l’une des deux personnes les plus riches de la planète, possédant une fortune évaluée à près de 117 milliards de dollars, est devenu le philanthrope le plus puissant de l’histoire moderne. Il s’est d’abord fait connaître pour avoir rendu la technologie disponible à très grande échelle, grâce à la vulgarisation du PC personnel, via sa société Microsoft.  Plus récemment, après avoir pris un peu de recul vis-à-vis de Microsoft, Bill Gates s’est réinventé en tant que philanthrope bienveillant en utilisant son influence technologique et sa connaissance des marchés privés pour résoudre les problèmes les plus urgents de ce monde, grâce à la fondation qu’il partage avec son épouse : la Fondation Bill et Melinda Gates. Il est actuellement considéré comme un « optimiste impatient », timide et généreux, qui cherche à mettre sa fortune à profit pour aider les pauvres du monde. Mais avant son changement d’attitude face aux  relations publiques, et après de nombreux procès antitrust, Bill Gates avait la réputation d’un géant impitoyable de la technologie, utilisant la méthode forte avec ses collaborateurs, écrasant complètement ses concurrents, et dégageant la voie à l’empire monopolistique Microsoft. Une stratégie maintenant exportée pour influencer l’agenda du développement mondial avec ses intérêts très spécifiques.

Issu du contexte néolibéral tant des politiques d’ajustement post-structurel qui ont laissé les états du Sud émergeants atrophiés, et de la diminution constante des fonds alloués aux institutions internationales après la fin de la Guerre Froide dans le Nord, la porte lui a été laissée grande ouverte pour revigorer l’arène internationale comme généreux investisseur de capitaux indispensables. Mais ce capital est tout sauf pur. Une fois que l’on perce l’épais brouillard des relations publiques, un schéma de consolidation impitoyable de l’agenda et du programme de développement commence à émerger. Une stratégie de développement reposant sur un consensus agressivement imposé par une influence directe sur tous les acteurs du rouleau compresseur du développement – y compris les institutions internationales, les universités et les centres internationaux de recherche et de science, les sociétés privées et les Etats – et la mentalité que tout problème peut (et rien d’autre) être résolu par la technologie, l’innovation, l’ingénierie et les règles du marché privé. Cela s’applique à tous les domaines abordés par la Fondation Bill et Melinda Gates, depuis des domaines tels que l’alimentation et l’agriculture, à la santé, le changement climatique, l’éducation et les media.

Le schéma ressemble habituellement à quelque chose comme ça : La Fondation Bill et Melinda Gates soulève une question qui se rapporte à ses intérêts dans les media dont ils sont partenaires financiers et leur propose en même temps une solution technologique..  Une fois que cette question a attiré suffisamment d’attention, ils commencent à fournir un financement initial sous forme de subvention aux start-up, aux instituts de recherche et aux département de recherche des entreprises privées, afin de développer la technologie pour résoudre le problème soulevé. Parfois (la plupart du temps), cela s’accompagne de subventions gouvernementales dans les pays où les initiatives sont lancées. Pendant ce temps, les initiatives de Bill Gates séparées de celles de la fondation, ou de celles qu’il finance dans les institutions internationales, commencent à faire pression et à initier le processus de réglementation pour faciliter la mise en œuvre de cette technologie et sa stratégie d’accompagnement. Ensuite, une fois ces deux étapes passées, la commercialisation et la mise en service du produit ou de la technologie commencent, reprises par des entreprises privées qui ont également investi dans la start-up ou le centre de recherche.  De cette manière, la fondation Gates façonne directement le discours général, oriente l’imagination vers la seule solution qu’elle propose, et ouvre les marchés éloignés des entreprises privées qui ont des subventions d’état.  Tout cela est à peine voilé derrière la rhétorique d’une cause humanitaire de développement, comme l’augmentation des revenus des petits agriculteurs, ou apportant des solutions au changement climatique, fournissant ainsi une justification morale à sa monopolisation du développement mondial, pour le développement technologique personnel. Mais comme ce rapport le détaille, cette consolidation du développement mondial a d’énormes implications. Comme nous le verrons, liées aux subventions de millions de dollars de la Fondation Bill et Melinda Gates, se trouvent des entreprises privées et des intérêts du marché privé,  des conséquences négatives, en retour de réponses toujours technologiques, et la légitimité toujours plus corrompue des institutions internationales.

Cette stratégie de travail accélère efficacement la recherche technologique vers la production de produits qui ne profitent qu’aux plus grandes sociétés privées qui détiennent les brevets sur ces technologies ou qui ont les capacités de les commercialiser. Comme nous le verrons, cette notion d’accélération technologique aveugle en tant que seule solution aux problèmes du monde, comporte un angle mort complet sur les échecs passés, ou sur certaines  solutions qui se sont révélées dangereuses ou qui n’ont pas été évaluées. C’est une mentalité de déterminisme technologique sans recours. Ce dont on ne parle jamais, c’est que ces solutions technologiques entraînent des conséquences négatives, qui aggravent le problème d’origine en retour.

Grâce à la crise du Coronavirus, la corruption qui existait dans nos structures mondiales actuelles est devenue plus évidente. Avec une crise climatique et écologique déjà bien en cours, et les inégalités inhérentes, nous nous retrouvons au point d’orgue des multiples problèmes mondiaux préexistant.  Cela rend donc extrêmement tentant de rechercher des solutions immédiates à ces crises, de manière frénétique et aveugle. Mais cette mentalité qui fait rechercher uniquement des solutions technologiques à tous les problèmes sociaux complexes, pour créer un futur utopique, repose sur un profond déni et l’oubli que c’est la technologie elle-même qui a créé et façonné ces problèmes pour commencer.  La rhétorique du « progrès » constant et de « l’innovation » nécessite un esprit de type guerrier orienté vers des cibles uniques, et des réponses superficielles en retour qui rendent les erreurs du passé invisibles et les échecs du passé non pertinents. Cela mène à l’accumulation des retours toujours négatifs entrainant une quête incessante de solutions technologiques pour  résoudre le problème que les solutions technologiques et industrielles ont elles-mêmes créé en premier lieu, laissant ces problèmes structurels non résolus comme un fantôme qui continue de hanter, mais cette fois avec une vengeance à la clé.

Tout au long de ce rapport, nous voyons ces modèles se répéter encore et encore, et comment ce système technocratique, alimenté par une alliance contre nature (ou aveugle) entre la science et les institutions technologiques, les états, et le grand capital, est incarné par la Fondation Gates, et mis dangereusement en action,  accéléré par un développement philanthropique. Chaque pièce du puzzle est mis en évidence dans le cadre d’une collaboration internationale dans ce rapport citoyen.

Ce déni n’est nulle part plus évident que dans les initiatives d’agriculture et d’édition de gènes de Gates. Ce qui n’est seulement possible que par le fait de l’érosion de sa légitimité au sein des accords internationaux comme la Convention sur la Diversité Biologique et le protocole de Nagoya, ainsi que par l’accroissement de son financement envers la consolidation du CGIAR.  Tout est fait pour avoir accès aux informations génétiques des semences du monde ; C’est quelque chose d’incontournable pour ses projets d’OGM et de contrôle génétique.  Le rapport commence par établir les mécanismes pour ce contrôle des semences, ce qui nous permet également de scruter la vision de l’alimentation et de l’agriculture pour la Fondation Bill et Melinda Gates dans le futur.

Contrôle des semences

« Le principal déclencheur de la transformation agricole », déclare le site de la Fondation Bill et Melinda Gates, « c’est un environnement politique propice. » L’une des façons dont la Fondation Bill et Melinda Gates garantit cet « environnement politique propice », c’est par leur influence directe sur les institutions de recherche internationale. C’est le cas du Groupe Consultatif pour la Recherche Agricole (CGIAR). L’augmentation du financement du CGIAR dans son ensemble est au cœur de la stratégie agricole de la Fondation Gates, car actuellement la fondation en est le principal financier, avec environ 105 millions de dollars par an.  Ce plan comprend également la fusion de divers centres du GIAR, actuellement indépendants, , en un seul, dirigé par un seul conseil d’administration.  Notre section suivante intitulée One Empire Over Seeds, Biodiversity and Knowledge, (Un empire sur les Semences, la Biodiversité et la Connaissance), commence avec l’article de Vandana Shiva, One Empire Over Seed : Control Over the World’s Seed Banks (Un Empire pour les Semences : Contrôle sur les banques de semences du Monde), qui dénonce les implications des intentions de la Fondation Gates de centraliser et en même temps d’augmenter les fonds du système CGIAR, afin de renforcer davantage le pouvoir de la Fondation Gates sur la recherche agricole.  Mais pourquoi Gates cherche-t-il à regrouper les 15 plus grandes collections de semences du monde ?  Le Dr. Shiva nous montre également comment, en finançant des initiatives mondiales comme celle appelée Diversity Seek (DivSeek – Recherche de Diversité), ils cherchent à copier toutes les informations génétiques des semences stockées. En effet, cela leur permet de déposer des brevets sur les informations génétiques collectées, ce qui se traduit par un biopiratage par le biais de brevets sur les semences. Un mouvement aussi vieux que l’agro-industrie géante.

C’est dans chaque centre du CGIAR que cela est mis en œuvre, comme l’Institut International de Recherche sur le Riz (IRRI) aux Philippines. Avec leur financement, et donc la direction de la recherche, ils influencent et récupèrent les systèmes Nationaux de Recherche et de Vulgarisation Agricole des gouvernements du réseau IRRI.   Chito Medina, Scientifique et ancien coordinateur de Masipag, aux Philippines, explique comment la fondation Gates fournit maintenant jusqu’à15% du budget annuel total de l’IRRI, tout en étant le plus grand donateur du Groupe consultatif de Recherche sur l’Agriculture Internationale (CGIAR) dont l’IRRI fait partie, dans son article BMG Foundation and IRRI – Corporate Hijack of Rice Science (détournement d’entreprise de la science du Riz). Pour n’en nommer que quelques-uns, leurs subventions ont inclus le financement du : Riz Doré génétiquement modifié ; le projet de « Réaliser une Efficacité Photosynthétique augmentée » pour essayer d’augmenter la capacité de photosynthèse des cultures ; le projet STRASA (Riz Tolérant au stress pour l’Afrique et l’Asie du Sud), axé sur le développement des systèmes de semences tolérantes à la sécheresse, à la submersion, à la salinité, au froid, et au stress biotique ;  le Riz Swarna-Sub1 qui est destiné à survivre à la submersion et à la salinité ; et l’Alliance AGGRI (Gain Génétique Accéléré dans le Riz ) en Asie du Sud et en Afrique, etc.  Cela fait suite à l’histoire de l’IRRI depuis sa création par la Fondation Rockefeller, de la promotion de la Révolution Verte par la modification génétique du riz, la collection de variétés de riz indigènes, le tout favorisant  les intérêts des entreprises privées via leurs recherches « commandées ». En fin de compte, provoquant une érosion de la diversité des cultures, et la privatisation des semences paysannes. 

Biopiraterie – Le Pillage de la Biodiversité et de la Connaissance

L’article, A Treaty to Protect Our Agricultural Biodiversity (Un Traité pour Protéger notre Biodiversité Agricole), par José Esquinas-Alcazar, ancien Secrétaire de la Commission Intergouvernementale de la FAO, sur les Ressources Génétiques pour l’Alimentation et l’Agriculture, couvre les complications rencontrées dans les Informations de Séquence Numérique (DSI) et le partage des avantages, en particulier autour des ressources semencières à la lumière du Traité International sur les Ressources Génétiques pour l’Alimentation et l’Agriculture.  Un traité qui protège les droits des agriculteurs, réglemente les ressources génétiques et la biodiversité.  Lors d’une réunion de suivi, le DSI et ses bénéfices sont devenu un nouveau sujet de discorde car le DSI est une biotechnologie qui peut analyser efficacement les informations génétiques d’un génome, ce qui permet de télécharger le matériel génétique des plantes, dans une base de données numérique, permettant l’accès aux informations génétiques de la plante sans la présence physique de ladite plante. Esquinas-Alcazar décrit la nécessité d’un partage international des ressources de biodiversité, et les obstacles potentiels d’une telle interdépendance entre les pays en raison des intérêts des entreprises privées.

Cela ne peut se faire que si les conventions internationales précédemment établies sur la protection de la biodiversité et les droits des agriculteurs se dégradent. Dans l’article suivant par Aidé Jiménez-Martínez, MA en Sciences, Directrice de la réglementation de la Biosécurité, Biodiversité et Ressources Génétiques, SEMANART ; et Adelita San Vicente Tello, Docteur en Agroécologie, Directrice du Secteur Primaire et des Ressources Naturelles, SEMANART, Mexique, intitulé Beyond Green Gold: Megadiverse Countries as Providers of Genetic Resources and Digital Sequence Information (Au-delà de l’Or Vert : Des Pays très diversifiés en tant que Fournisseurs de Ressources génétiques et d’Informations sur les Séquences numériques), nous voyons comment au cours des cinq dernières années, les intérêts du secteur des entreprises se sont de plus en plus étendus dans les secteurs de la biodiversité, dans le but de développer plus profondément la biotechnologie. Cela s’est marqué par leur présence accrue dans une série de conférences COP à Cancun en 2016, à la Convention sur la Diversité Biologique, le Protocole de la Biosécurité de la Biotechnologie de Carthagène et le Protocole de Nagoya.  Ici le glissement de l’utilisation marchande de la nature et de sa diversité génétique est particulièrement préoccupant surtout au sujet de l’accès illimité aux DSI (informations de séquence numérique), ce type d’accès illimité aux DSI, où n’importe qui pourrait télécharger le matériel, et le manque de partage des avantages avec le  nombre des divers pays d’où provient ce matériel génétique, est particulièrement préoccupant, car des millions de DSI existent déjà, et sont disponibles pour être brevetés, et n’ont pas besoin de source physique de l’information génétique.  Un cadeau qui enfreint fondamentalement, ou du moins compromet la Convention sur la Diversité Biologique et le Protocole de Nagoya.

Un Empire sur l’Agriculture

Nous commençons à voir comment  la Fondation Bill et Melinda Gates s’est impliquée dans l’arène de l’alimentation et de l’agriculture, par l’intermédiaire de la journaliste et directrice du programme de santé de la SID (Société pour le Développement International), dans l’article Bill & Melinda Gates: the dystopia of the green revolution in Africa (Bill & Melinda Gates : la dystopie de la révolution verte en Afrique).  En 2007, commençant avec les bénéfices de la bulle de la spéculation immobilière, Warren Buffet a pu mettre à l’abri ses millions gonflés dans une nouvelle initiative lancée par la Fondation Bill et Melinda Gates, aux côtés de la Fondation Rockefeller : l’Alliance pour une Révolution Verte en Afrique, ou AGRA. Dentico nous montre comment, en utilisant l’argument d’une Afrique au développement « en retard », à cause d’un accès insuffisant à la technologie, de la pauvreté des infrastructures nationales, de la dégradation des sols, Gates, aux côtés des entreprises privées, a travaillé à la refonte complète de tous les niveaux du système alimentaire africain, en faveur des monopoles des sociétés chimiques, de l’agro-industrie, des OGM et de l’agriculture numérique. Voilé par une rhétorique de la diminution de la malnutrition, de la faim chronique, et de la pauvreté, Gates considère que la seule solution à ce « déficit de production » ce sont les idéologies du marché de la Révolution Verte, indépendamment des ravages passés causés par ces méthodes chimiques. Comme l’a démontré en détail Dentico, tout cela se fait grâce à une double stratégie de subventions conventionnelles des institutions publiques ainsi qu’au travers d’une série d’organisations affiliées à la Fondation Gates, qui donnent activement des recommandations politiques aux pays africains en question. Des organisations telles que le GAIN (Alliance Mondiale pour l’Amélioration de la Nutrition) qui promeut l’enrichissement des produits de destinés à l’alimentation sous forme d’OGM ; l’AATF (Fondation Africaine des Technologies Agricoles) qui incite la Recherche Universitaire sur les OGM tout en négociant la délivrance de brevets pour les multinationales, tout en promulguant l’enrichissement des produits alimentaires et la digitalisation de l’Agriculture. Ces organisations, ainsi que tous leurs projets et filiales agissent comme une manipulation à plusieurs vitesses, de la politique régionale et nationale en fournissant des données politiques à travers les « données » collectées. Tout cela est très contraire à la résistance locale et aux pratiques locales d’agroécologie, dont Dentico montre également qu’elles sont complètement ignorées au profit d’une expertise décroissante, avec peu ou pas de participation autochtone.

Un modèle que Timothy Wise, Conseiller Principal à l’IATP (Institut pour l’Agriculture et la Politique Commerciale), démontre qu’il a complètement échoué dans les pays africains, dans son article intitulé Gates Foundation’s Green Revolution Fails Africa’s Farmers (La révolution verte de la Fondation Gates échoue pour les agriculteurs en Afrique). Agissant comme une évaluation générale, qui n’a jamais été réalisée par AGRA, de ses objectifs proposés pour 2020, de doubler la productivité et les revenus des petits producteurs dans 13 pays africains, Timothy Wise démontre encore une fois comment ce manque de transparence cache les échecs répétés de la Révolution Verte.  Dans l’ensemble, les recherches de Wize montrent comment les objectifs instaurés par AGRA lors de sa fondation n’ont pas été atteints, ou ont aggravé la situation dans certains pays. Par exemple, après environ 15 ans, il n’y a aucun signe évident d’un accroissement significatif de la productivité, et en termes de personnes souffrant de famine il y a eu une augmentation de 30% dans les pays de l’AGRA. Les niveaux de pauvreté sont restés au même niveau, ou bien ont augmenté depuis la création de l’organisation en 2007. C’est vraiment très problématique quand l’AGRA a, à la fois, consommé tant de ressources, et travaillé à remodeler l’agriculture africaine pour qu’elle dépende d’intrants externes coûteux, axés sur la technologie.  Mais cela n’est pas surprenant, quand nous avons vu comment la Révolution Verte Originale a à la fois échoué et causé davantage de conséquences négatives en Asie, en Amérique Latine, aux USA et maintenant en Afrique.

Cette amnésie et le déni de ces échecs deviennent évidents avec la nouvelle initiative AgOne de la Fondation Bill et Melinda Gates. Lancé en janvier 2020 dans le cadre du groupe d’initiatives du changement climatique de Gates, l’année d’action de la Gates Global Commission, AgOne donne un nouveau « relooking » technologique aux mêmes stratégies employées dans les autres initiatives d’agriculture de Gates. Cela signifie une nouvelle mise à niveau technologique de l’extraction des données agricoles grâce à la technologie des capteurs, à la technologie de forçage génétique CRISP-Cas9 sur les semences et les plantes vivantes, les nouveaux OGM, à des modèles prédictifs d’intelligence artificielle, etc. Dans ce chapitre, Gates AgOne and the Recolonization of Agriculture (Gates AgOne et la Recolonisation de l’Agriculture) écrit par l’équipe de Navdanya, on montre comment les alliances de Gates avec des entreprises comme Bayer, Monsanto, Syngenta, Corteva, travaillent à une nouvelle phase de la digitalisation de l’agriculture, en s’appuyant sur les méthodes de la Révolution Verte. Cette critique d’AgOne montre comment la rhétorique utilisée pour justifier la création de l’initiative est totalement déconnectée de toute véritable expérience des effets néfastes de la Révolution Verte. Contrairement à ce que Bill Gates pourrait penser, les systèmes alimentaires agroécologiques sont beaucoup plus productifs, plus résilients au changement climatique, et assurent une plus grande sécurité des moyens de subsistance.

Fernando Cabaleiro, Avocat de l’organisation argentine Naturaleza de Derechos (Nature des Droits) nous montre dans Gates AgOne in Argentina une vision plus rapprochée sur la façon dont cette même initiative AgOne essaie d’entrer en Amérique Latine via l’Argentine. Ayant pris là-bas le nom de « AgTech », Cabaleiro traite de comment cette initiative conduite par Gates est une convergence des grands acteurs de l’agro-industrie et l’IICA (Institut Interaméricain de Coopération en Agriculture). Une initiative qui prépare depuis deux ans la scène pour la numérisation de l’agriculture, grâce à une alliance IICA et Microsoft, qui utilise l’internet des objets, l’intelligence artificielle, l’exploration des données.  Fernando nous explique comment ces combines n’ont rien à voir avec l’amélioration de l’agriculture, pour un changement climatique ou un accroissement de la population, et ont tout à voir avec l’accumulation de capital, la concentration économique, et l’appropriation des ressources génétiques, et comment ils envisagent d’y parvenir.  Un processus qui, en fin de compte, déshumanise encore davantage la nourriture, l’agriculture au détriment des agriculteurs déjà en souffrance, la santé publique et la réglementation des pays. Un thème qui se répète avec la quasi-totalité des interventions de « développement » de Bill Gates. 

Promotion des OGMs défaillants 

Dans The Golden Rice Hoax (le Hoax du Riz Doré), Vandana Shiva montre l’histoire de la poussée du Riz Doré, un riz OGM, devenu doré à partir du bêta-carotène fortifié, créé via IRRI (Institut International de Recherche sur le Riz) par la Fondation Gates. Le riz est promu depuis 2000 comme une solution possible à la cécité infantile. Vandana Shiva nous montre comment cela est basé sur l’ignorance, car une souche de riz génétiquement modifié n’est pas nécessaire pour fournir la vitamine A en Asie, car de nombreuses variétés locales de légumes en fournissent de grandes quantités.  Ignorer les solutions basées sur la biodiversité envers les carences nutritionnelles est une faute grave, car en juin 2018, la FDA (Agence américaine des produits alimentaires et médicaments) a conclu que le Riz Doré ne répond pas à ses allégations nutritionnelles consistant à fournir suffisamment de bêta-carotène par jour.  Shiva nous démontre comment l’insistance de Gates, avec la prédominance technologique, éclipse les solutions actuelles aux problèmes proposés, tout en en créant simultanément de nouveaux.

Cette biopiraterie et cette insistance avec de fausses solutions de variétés GM, correspondent, ainsi que Bill Gates l’a régulièrement exprimé dans son soutien à part entière aux semences OGM, comme « solutions techniques nécessaires » au développement de l’agriculture. C’est là que brille le déni total de Gates des problèmes, de l’inefficacité, et des conséquences des OGM. Ce schéma se répète également dans le cas du Bt Brinjal (ou de l’aubergine). Farida Akter, Directrice Exécutive fondatrice de UBINIG, au Bangladesh, révèle dans son article Bt Brinjal : Alliance for Crooked Science & Corporate Lies (Alliance pour une Science Tordue et Mensonges d’Entreprises) comment le Bengladesh est devenu le terrain d’essai du Bt Brinjal via le Projet II de soutien à la biotechnologie agricole, financé par Cornell, qui est financé par la Fondation Gates, et USAID en partenariat avec l’Institut de Recherche Agricole du Bengladesh (BARI). Elle expose les fausses déclarations des partisans du Bt Brinjal selon lesquelles le Bt Brinjal est devenu populaire tant auprès des agriculteurs que du public sur les marchés, pour montrer le succès de la culture BT. Farida démontre, à la place, comment la culture n’a pas été acceptée facilement par la population du Bengladesh, et a échoué, dans son utilisation agricole, en faveur des variétés indigènes, ainsi que dans les ventes sur les marchés. Elle démontre comment les entreprises mentent activement, avec le Brevet Bt Brinjal et ses partisans, pour maintenir le discours public en leur faveur. 

Forçage Génétique et Fausse Nourriture (« Fake Food »)

Mais pourquoi les intérêts privés, qui incluent en grande partie la Fondation Bill et Melinda Gates, cherchent-ils à privatiser les semences paysannes ? Ce n’est pas seulement pour le développement des semences OGM.  L’article révélateur du groupe ETC révèle à quel point Gates et la Fondation sont impliqués dans le moulage, le développement, les expériences, et l’application de la technologie du forçage génétique sous le prétexte d’exterminer la malaria en Afrique. Driven to Exterminate: How Bill Gates Brought Gene Drive Extinction Technology into the World (Poussé à exterminer : Comment Bill Gates a introduit la technologie d’extinction par forçage génétique dans le monde) retrace l’histoire de la Fondation de Bill et Melinda Gates, principaux donateurs, après le groupe militaire des USA, DARPA, dans le développement de la technologie du forçage génétique – commencée en 2003 avec les enzymes de levure, jusqu’en 2015, avec la découverte du CRISPR, jusqu’à nos jours. Une technologie protéique qui marque la prochaine phase de la manipulation génétique. Les lecteurs de gènes sont classés comme une forme de biologie synthétique (synbio) ou OGM 2.0 où les êtres vivants sont reconçus pour avoir de nouvelles capacités en redessinant leur structure interne d’ADN ou d’autres composants, d’une manière qui existe dans la nature, pour créer des ingrédients synthétiques, des produits chimiques, des médicaments, des produits alimentaires cultivés en laboratoire et des manipulations génétiques d’organismes. Tout cela fait partie de la « révolution alimentaire cellulaire », ce que Vandana Shiva révélera plus tard. Comme on peut le voir, ce type de technologie de transmission génétique a de nombreuses implications, et bien que la technologie soit encore en développement, ETC explique comment la rhétorique de l’éradication de la malaria sert de couverture au développement ultérieur de cette technologie. La Fondation Bill et Melinda Gates a depuis influencé le débat public et les discussions des médias sur ce sujet par le biais du laboratoire médiatique du MIT, Cornell Alliance, et de son financement secret de Emerging Ag (une société privée de relations publiques qui a rassemblé et infiltré des « experts » engagés), afin d’inonder les institutions internationales telles que la CDB des Nations Unies, de faux « experts » qui favorisent le récit de Gates. Cette influence sur le débat public a permis la libération du premier moustique génétiquement modifié après l’ouverture des laboratoires au Burkina Faso, au Mali et en Ouganda, en 2014.  Les moustiques ont été conçus pour s’éteindre en rendant l’infertilité des femelles transmise génétiquement, ce qui permet la manipulation génétique jusqu’à l’extinction d’une espèce.

Ali Tapsoba, Président de Terre à Vie, Burkina Faso, un leader dans les mouvements contre les OGM et le moustique vecteur de gènes, a écrit alors Scientific Terrorism in Burkina Faso (Le Terrorisme Scientifique au Burkina Faso). En tant que porte-parole de toutes les protestations autour de ce mouvement au Burkina Faso, Tapsoba révèle le manque d’accord ou de considérations éthiques dans le relâchement des moustiques génétiquement modifiés, par le projet Target (Cible) Malaria, une initiative financée par Gates. Il met en lumière la protestation des sociétés civiles contre le plan en trois phases, ou la libération de moustiques génétiquement modifiés, dont la première phase a déjà été entreprise par la libération de moustiques GM en juillet 2019.  Tapsoba explique comment ce projet est criblé d’incertitudes sur l’impact environnemental de l’élimination des moustiques, ainsi que les violations éthiques flagrantes faisant des communautés du Burkina Faso, des cobayes pour les expériences de Gates.

Dans ce sens, Gates arrive avec un nouveau « développement caritatif », où il apparaît comme grand bienfaiteur, prêt à se précipiter pour sauver les pauvres de leurs conditions misérables, avec des technologies que seuls lui et ses experts comprennent, mais qui sont assez généreux pour les mettre à disposition des masses. Mais cette entreprise caritative, c’est exactement cela, un commerce de blanc-sauveur où les pauvres deviennent toujours dépendants des riches. En d’autres termes, Gates pousse plus loin, au travers de son philanthrocapitalisme, le pourrissement de la société et plus loin sa consolidation dans les marchés privés. Comme pour chaque dollar donné sous forme de subvention, plusieurs autres millions sont directement investis dans ces start-up, que ce soit par lui ou par ses fonds d’investissement personnels, le fonds fiduciaire de sa fondation, ou d’autres sociétés privées avec lesquelles la fondation ou Microsoft ont des relations privilégiées. Même si Gates semble donner pour une cause « caritative », la valeur nette de Gates n’a cessé d’augmenter depuis qu’il est devenu philanthrope à temps plein.

Cela devient évident car l’intérêt autour du développement de la technologie Crisp et SynBio a beaucoup d’implications au-delà de la manipulation génétique des populations entières de moustiques, pour leur éradication. Grâce au fonds personnel d’investissement de Gates, Breakthrough Energy Ventures, Breakthrough Energy Ventures, lui et d’autres milliardaires tels que Michael Bloomberg, Richard Branson, John Arnold et le prince saoudien Al Weed Bin Jala, financent des sociétés de biotechnologies développant des alternatives de produits avec les technologies SynBio au nom de la durabilité climatique.  Deux exemples de ces produits comprennent Biomilq et Impossible Foods, qui développent respectivement des aliments alternatifs produits synthétiquement, comme du lait maternel synthétique et des substituts de viande. Dans Lab Made Breast Milk and Lab Made Meat (Lait maternel fait en Labo et Viande faite en Labo) par Vandana Shiva, celle-ci souligne encore comment, grâce à ses investissements et ses entreprises technologiques, Gates s’est « précipité pour trouver des substituts aux processus écologiques naturels, et ensuite les breveter afin de faire des bénéfices sur la vie et ce qui en découle … » On peut le voir dans la plupart des interventions des entreprises privées. Shiva nous démontre clairement comment l’introduction d’alternatives à la nourriture est une question de brevets à but lucratif, ainsi que de retour sur les investissements initiaux. Sans oublier que ces faux aliments sont dépendants des vastes cultures de Soja génétiquement modifié contenant des pesticides et de procédés chimiques non testés. Une fois de plus on cherche à éclipser la vraie nourriture pour la santé. 

Influence sur la Santé, les Médias, et l’Education

Au vu de tous ces éléments, les efforts « humanitaires » dissimulent les véritables priorités qui consistent à accroître les profits des entreprises par l’expansion économique et le développement technologique. Ils travaillent à créer leur propre monde artificiel dépourvu de processus réels. Etant donné que ce qui est utilisé pour créer ce nouveau monde artificiel, est un modèle commercial monopolistique, la Fondation Gates travaille à élargir le « consensus » et un environnement réglementaire favorable pour pousser ses innovations du laboratoire au marché, le plus vite possible, sans tenir compte des risques, des conséquences, ou des échecs passés. Cela se manifeste par une attaque tactique agressive contre les voix dissidentes dans le débat international, avec peu ou pas de responsabilité des projets et initiatives des fondations. Pour parvenir à ce consensus et à un « environnement réglementaire favorable », il finance tout ce qui correspond à ses intérêts, de la couverture médiatique, à la recherche, les universités, les start-ups, les programmes et projets de développement, les initiatives de recherche dans les institutions internationales, et les programmes gouvernementaux. Comme on le voit, il investit souvent avec d’autres entreprises géantes, comme dans l’agroalimentaire, l’industrie des combustibles fossiles, l’industrie pharmaceutique, les Big-Tech, etc.

Dans l’article The Philanthropic Monopoly of Bill and Melinda Gates (Le Monopole Philanthropique de Bill et Melinda Gates), Nicoletta Dentico revient sur l’établissement de l’Empire de Bill et Melinda Gates et comment il s’est ensuite propagé pour monopoliser la santé mondiale. En commençant par les conditions financières préalables qui ont donné lieu au capital dont dispose la Fondation – y compris les fonds publics, l’évasion fiscale et les fonds d’investissement gonflés. Cela se reflète dans la structure du Bill and Melinda Gates Trust Fund (fonds fiduciaire) qui est géré par Warren Buffet, et détient des actifs d’investissement dans des entreprises dont le travail est contraire aux objectifs de développement de la compagnie, comme Walgreens, Kraft Foods, Coca Cola, etc. Elle détaille comment son style philanthropique est semblable aux méthodes monopolistiques vicieuses exécutées chez Microsoft, formant une relation en tandem de la fondation, ouvrant la porte à de nouveaux marchés nationaux pour Microsoft et d’autres entreprises privés privilégiées.  Travaillant efficacement pour étendre son énorme influence financière sur les organisations internationales, les média, les pays à revenu moyen ou faible et les instituts de recherche. Cette stratégie de travail s’est d’abord manifestée avec les initiatives de Bill et Melinda Gates en matière de santé, dès 1998 avec le Programme de Vaccination des Enfants de Bill et Melinda Gates, et le programme de vaccin antipolio. Peu de temps après, cette initiative a laissé place au Gavi – l’Alliance Globale pour l’Immunisation des Vaccins, qui a marqué le début du démantèlement du multilatéralisme des institutions publiques, au profit d’un modèle public-privé. La diminution progressive du financement des institutions internationales de santé depuis la fin de la guerre froide, a laissé aux Gates une grande marge de manœuvre pour remettre sur la table les questions de santé mondiale, grâce à une généreuse injection de fonds.  Cela est évident dans le cas de l’OMS, pour laquelle la Fondation Gates apporte près de 20 % des fonds nécessaires à son personnel, ce qui permet de fusionner les intérêts de l’OMS avec ceux de la Fondation Gates. Dentico déclare : « [Gates] a créé une constellation de plus en plus complexe et diversifiée d’initiatives public-privé, pour « exploiter les progrès de la science et de la technologie afin de sauver des vies dans les pays en développement », ce qui lui a permis d’interagir de manière exhaustive avec la communauté scientifique, les organisations non-gouvernementales et les institutions internationales, officialisant les partenariats public-privé comme le modèle central de la santé mondiale. »

L’autre domaine nécessaire pour avoir une influence, est celui des établissements de recherche scientifique, comme par exemple Cornell University.  Dans Messengers of Gates’ Agenda : How the Cornell Alliance Spreads Disinformation and Discredits Agroecology (L’agenda des messages de Gates : Comment la Cornell Alliance propage la désinformation et discrédite l’agroécologie), CAGJ/Agra fait la lumière sur le véritable fonctionnement de la Cornell Alliance for Science, financée par la Fondation Bill et Melinda Gates. Le but de l’Alliance est de dépolariser le débat sur les OGM et de créer un consensus scientifique et une promotion de la biotechnologie. Elle utilise trois stratégies de travail : a) l’établissement d’un réseau mondial ; b) la « formation avec un objectif » ; et c) le développement des communications multimédias sur la biotechnologie agricole. Cela se traduit par l’obtention de brevets à d’autres instituts de recherche, à des scientifiques et à des jeunes professionnels, l’accent étant mis principalement sur les pays africains, afin de façonner les politiques, le discours public et scientifique et les domaines de recherche en biotechnologie en faveur de ces technologies que Gates a promues et dans lesquelles il investit activement. Montrer qu’aucune subvention (investissement) n’est sans objet pour son programme plus vaste de profit, de développement technologique et de consolidation du marché.

Mais cette prise de contrôle de l’éducation ne s’arrête pas au financement des universités.  Satish Kumar, le fondateur du Schumacher College au Royaume-Uni, dénonce la rhétorique de l’apprentissage en ligne par la technologie comme solution aux problèmes d’éducation, dans son article Digital Dictators (dictateurs numériques).  Il explique comment l’éducation numérique, à laquelle tant de gens sont maintenant soumis en raison de la pandémie de Coronavirus, refuse l’éducation en tant que prise en charge des étudiants, afin de faire ressortir les qualités individuelles uniques et la diversité des étudiants.  L’éducation ne peut être un système complètement centralisé de programmes impersonnels et entièrement prédéterminés qui considèrent les enfants comme des vaisseaux vides à endoctriner. Un sujet d’autant plus pertinent que l’un des domaines de travail de la Fondation Gates est le développement d’outils pour l’éducation à distance basés sur la technologie. L’apprentissage numérique n’est en réalité qu’intellectuel.  Il ignore l’environnement holistique de l’école, qui est également responsable de l’enseignement des compétences et des valeurs sociales, et pas seulement du traitement mécanique de l’information.  Sans oublier que la poursuite de la numérisation et de la centralisation des écoles pourrait à terme conduire à un nouvel état de surveillance dirigé par les grandes entreprises.

C’est à la racine de tant de justifications de Gates pour ses projets de développement que se trouve la question du changement climatique.  Une crise dûment provoquée par l’industrialisation et les combustibles fossiles utilisés pour l’alimenter, et toute la consommation de masse industrielle/technologique ultérieure qui a déclenché la perte de biodiversité, la dégradation écologique et la déstabilisation du climat. Cela signifie que (espérons-le) que la « bulle de carbone des grandes industries de combustibles fossiles est sur le point d’éclater. Mais, l’article d’ETC, The Sugar Daddy of Geoengineering: Bill Gates’ fossil fuel interests and funding for global climate engineering (Le Papa Gâteau de la Géo ingénierie : Les intérêts de Bill Gates pour les combustibles fossiles et le financement de l’ingénierie climatique mondiale) détaille les derniers efforts des grandes entreprises pour ne pas perdre des milliards de dollars d’actifs en finançant la trappe d’évacuation connue sous le nom de géo-ingénierie.  Selon M. Gates, la géo-ingénierie peut servir de mesure d’urgence pour donner à l’humanité plus de temps pour éliminer le carbone de l’atmosphère par la séquestration massive du carbone et le blocage de la lumière du soleil grâce à l’ingénierie solaire.  Indépendamment de l’attitude timide de Gates envers la géo-ingénierie et de son intérêt apparent pour le financement des solutions au changement climatique, Gates est en même temps le principal actionnaire de l’une des plus grandes sociétés pétrolières et gazières du Canada, la Compagnie des Chemins de fer Nationaux du Canada (Canadian National Railway), tout en investissant simultanément dans la recherche en géo-ingénierie. Il existe également des liens entre Microsoft et les industries pétrolière et gazière.  Gates se présente comme le visage des relations publiques des intérêts de la géo-ingénierie des industries des combustibles fossiles qui ne peuvent pas se montrer activement en raison de la suspicion du public.  Cela monétise effectivement la corruption des problèmes de la société qu’on ne laisse jamais  une crise évoluer, et qui ignore également perpétuellement les véritables causes de la crise en premier lieu.  La séquestration du carbone n’a pas réussi jusqu’à présent. Les différentes technologies utilisées jusqu’à présent sont gourmandes en énergie, produisent plus de carbone qu’elles n’en séquestrent, ou ne séquestrent pas du tout de carbone. L’autre option proposée est celle de l’ingénierie solaire, ou la pulvérisation d’acide sulfurique dans l’atmosphère pour bloquer la lumière du soleil et la renvoyer dans l’espace.  Comme la géo-ingénierie ne peut être mise en œuvre qu’à grande échelle et intervenir dans des écosystèmes complexes encore largement méconnus, le risque de conséquences irréversibles et involontaires est élevé. La géo-ingénierie favorise l’inaction climatique et détourne les ressources, les financements et les efforts de recherche d’une action réelle, urgente, préventive, écologique, transformatrice et de changement de système.

A travers ses diverses initiatives, sous-organisations, programmes de développement et mécanismes de financement, les Gates tissent un réseau complexe de pouvoir et d’influence internationale, lui-même obscurci par tous les éléments distincts. Ce rapport sur les Citoyens du Monde cherche à aborder au moins une grande partie de ce réseau de pouvoir que les Gates tentent de manipuler.  Une puissance qui ignore complètement les erreurs passées des technologies mêmes qu’ils veulent pousser, un pouvoir qui vit dans le déni de nombreux problèmes et des conséquences que leurs nouvelles initiatives pourraient entraîner, un pouvoir dont le seul intérêt est de faire du profit et de gonfler le marché.  Il n’y a rien d’altruiste, de faussement pudique ou « d’optimiste » à propos des Gates et de leur fondation.  Au lieu de cela, elle est à la fois le produit d’une histoire récente, génératrice de précarité, et ne servira qu’à continuer de corroder la vie dans le futur. En d’autres termes, Bill Gates et ses partenaires commerciaux privés continueront, comme toujours, à produire des problèmes exponentiellement pires que ceux qu’ils se proposent de « résoudre », tout en s’efforçant de concentrer toujours plus de pouvoir entre les mains des entreprises.

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